Le Puits des Mémoires, Tome 1 : la Traque

Auteur : Gabriel Katz
Editeur : Pocket    (Scrinéo en GF)
Parution : 2015
Pages : 381


RESUME :

  

  

  

  

  

Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.
 

Kell est le dernier des Visiteurs, des magiciens capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est le centre à chaque fois. Le nôtre est gris, sans magie d’aucune sorte. Celui de Kell, rouge, et on y respire le merveilleux avec chaque bouffée d’air. Le troisième est blanc : les sortilèges s’y font si rares qu’on s’y coupe la gorge pour voler la moindre incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui s’y est répandue quand la magie a dévoré tout ce qui s’y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter un objet d’un monde à l’autre. C’est pourtant ce que va faire Kell, un chien fou tout juste sorti de l’adolescence, pour défier la famille royale qui l’a pourtant adopté comme son fils, et le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait pourtant sa vie sans hésiter. Et un jour, il commet l’irréparable : il passe une pierre noire comme la nuit dans le Londres gris où une jeune fille du nom de Lila la lui subtilise.
Mais la magie n’attire jamais à elle personne par hasard !

CHRONIQUE :


(02 Juin 2018)
 

Depuis le temps que j’entendais parler de Gabriel Katz et de sa saga de Fantasy, il était vraiment temps que je me lance dedans. J’ai fait connaissance avec la plume de Gabriel en lisant La nuit des cannibales, très drôle et cynique. J’étais donc vraiment contente de retrouver cette plume si bien tournée. Même si dans cette saga, le cynisme et l’humour son moins poussés, certaines réflexions des personnages ne manquent pas de piquant.

 

«- J’ai un peu réfléchi, reprit Karib. Vous me direz que c’est tout ce qu’on pouvait faire en marchant huit heures par jour.

- J’aurais dû y penser, fit Nils. Moi, je n’ai pas réfléchi du tout. Et du coup, je me suis emmerdé. »

 

J’ai mis une quarantaine de pages, je crois, pour réellement rentrer dans l’histoire. En effet, l’auteur ne perd pas de temps et nous plonge directement dans l’action, mais du coup, il a fallu le temps que je m’adapte à l’univers. En revanche, une fois que celui-ci (qui est assez classique de la fantasy) a été apprivoisé, je me suis vraiment éclatée.

 

Donc en effet, l’univers est assez classique du genre, mais cela ne le rend pas inintéressant pour autant ! Au contraire ! Gabriel Katz le développe au fur et à mesure, et nous nous rendons compte en douceur de la richesse de ce monde. Ce qu’il y a de bien, c’est que nous suivons un trio de personnages... amnésiques. Ainsi, ils découvrent leur environnement en même temps que nous, et, au final, sont aussi surpris que nous par certains aspects ou événements...

 

Tout ce qu’ils savent, c’est qu’ils étaient prisonniers, maintenant en fuite, et activement recherchés par le royaume le plus puissant... Ils découvrent leurs capacités peu à peu, tout comme nous, et comme l’auteur est sadique, nous avons notre lot de surprises et de retournements de situation.

 

En revanche, on sent ici un tome introductif, avec, je trouve, un rythme assez inégal. Parfois quelques longueurs, présentes afin de nous faire découvrir l’univers, et d’autres moments où l’action est à fond. Ces derniers sont les meilleurs moments pour moi.

 

« Le sens du contact n’était pas le fort du lanceur de couteaux, il le savait parfaitement. Nils était fait d’un bloc et, lorsqu’il sortait de son mutisme, son caractère. Aux angles aigus se heurtait à toute forme de diplomatie. La seule fois qu’il avait tenté de mener une négociation, il avait tué deux hommes. »

 

Quant aux personnages... que dire des personnages. Ah mon dieu ce trio de dingues ! Je vous laisse découvrir qui ils sont au niveau de leurs compétences, mais leurs personnalités, ultra travaillées, sont géniales. Ils sont très complémentaires, entre Karib, qui ne supporte pas la violence, le plus naïf et doux du groupe, Olen, le tombeur de ces dames, qui peut-être attachant comme tête à claques, et enfin, il y a mon personnage préféré, le cynique de service : Nils. Il ne fait confiance qu’à ses deux compères, économise ses forces comme ses mots, mais chaque fois qu’il parle, je suis morte de rire. Il a un cynisme qui lui donne un humour pince sans rire que j’adore. Et les trois ensemble... leurs interactions sont impayables !

 

L’auteur a l’art de nous mener en bateau, et souvent, l’histoire prend des directions auxquelles on ne s’attend pas du tout ! Je n’arrive pas du tout à savoir où l’on va et ce qui va arriver, et j’adore ça ! D’autant que les personnages étant en fuite, ils sont en mouvement perpétuel et nous sommes ainsi baladés dans plusieurs villes et royaumes, et l’on découvre peu à peu la grande richesse de cet univers. Mon seul regret ? L’absence de carte qui permettrait de visualiser le parcours des compères.

 

Bref, malgré un petit côté introductif qui amène quelques inégalités dans le rythme, j’ai adoré ce premier tome, et la suite ne va pas attendre longtemps ! Je tiens à noter que j’ai lu ce tome 1 en lecture commune avec début livresque (page facebook), et que nous avons le même avis ! En tout cas, une chose est sûre, grâce à Gabriel Katz on s’éclate vraiment bien !