Michèle Beck

20/02/2018

Moi : Bonjour Michèle je suis ravie d’avoir l’occasion de te poser quelques questions sur ton roman, que j’ai personnellement beaucoup aimé. Sa sélection pour le PLIB 2018 me donne donc l’occasion de venir vers toi pour que nous en parlions un peu (et de toi aussi au passage !).

Moi : Dans un premier temps, pourrais-tu te présenter ? 
Bonjour et merci pour cette invitation, et surtout, merci d’avoir lu mon roman. Je m’appelle Michèle Beck, j’ai 39 ans sur le papier, beaucoup moins en réalité. Je vis en Savoie avec l’homme de ma vie, nos deux filles et notre chien. J’ai longtemps fait du scrapbooking en collaborant avec des marques internationales, en animant des ateliers ainsi qu’en publiant dans des revues spécialisées. Aujourd’hui, je me consacre à l’écriture et à ma famille.

Moi : Du coup, côté écriture, la question est un peu bateau, mais y-a-t-il des écrivains qui t’inspirent ? 
Je dois avouer que non. D’ailleurs, en tant que lectrice, je vais spontanément vers les romans dont l’histoire ou le sujet m’attire, sans vraiment faire attention à qui la raconte. L’inspiration peut être partout : un simple mot, une couleur vibrante, une phrase dans un bouquin, une atmosphère dans une série, un sentiment ou une conversation avec quelqu’un de mon entourage.

Moi : En somme, ton inspiration, tu la trouve dans la vie quotidienne. Mais quels sont tes univers préférés ?  
Je suis fan du Seigneur des anneaux. Je l’ai lu d’un coup il y a longtemps et j’ai eu beaucoup de mal à passer à autre chose tant j’avais été happée dans l’univers. Je ne l’ai pas relu depuis, pas eu le courage de revivre tout ça, mais je visionne très régulièrement les films, toujours avec ce sentiment d’abandon à la fin. J’ai une affection toute particulière pour Harry Potter, les seuls livres que j’ai lus deux fois, et que je compte relire avec les magnifiques versions illustrées. Sinon, que ce soit pour les films, les séries, les livres, je ne m’interdis rien, et suis autant attirée par du policier que du fantastique, de l’horreur, du contemporain, etc.
Côté musique, je suis fan de Muse et Imagine Dragons, dont les univers me touchent beaucoup et m’inspirent. J’écris souvent en les écoutant.

Moi : Ah le Seigneur des anneaux et harry Potter ! Quels univers fantastiques ! D’ailleurs si tu pouvais être une créature de fantasy / fantastique, laquelle serais-tu ? (humanoïde ou non : licorne, ange, elfe ou shadowhunter, peu importe !). 
Je pense que ce serait une créature immortelle, comme un vampire (même si la nourriture serait un problème, étant végétarienne) ou un ange. Vieillir, avec tout ce que cela implique, puis mourir, est quelque chose que je redoute, mais comme beaucoup je crois, non ?


Moi : En effet ! Et en parlant d'ange... Mémoire d’ange est ton premier roman. Comment est-il né ?
Mon premier roman publié, oui. Je lisais Harry Potter, et lors d’un passage marquant sur la mère de Harry, je me suis dit que je devais écrire un roman avec une héroïne qui porterait le même prénom.  Le personnage de Lily est ainsi apparu dans mon esprit. Elle venait de perdre sa mère. J’ai commencé à voir un garçon nommé Matt lui tourner autour, puis l’histoire s’est développée. Ça démarre toujours comme ça, par les personnages qui me racontent ensuite leur histoire.


Moi : Justement, cette histoire, peux-tu nous en parler en quelques mots ? 
Lily, une ado de 17 ans, rencontre Matthew, un ange. Il lui apprend qu’elle est une potentielle, ces humains au pouvoir endormi que se disputent les anges et les démons dans une guerre. Matthew vient de perdre ses ailes, mais il ignore comment et pourquoi, et donc, à qui faire confiance. Il se sent lié à Lily, mais va tout faire pour étouffer ses sentiments qui lui sont interdits. En cherchant les responsables de sa perte de mémoire et de ses ailes, il va comprendre que tout n’est pas blanc ou noir comme il le pensait.


Moi : D’ailleurs pourquoi la mythologie des anges et des démons ? Qu’est ce qui t’attire dans ce folklore ? 
J’ai toujours été attirée par cette notion d’opposition du bien et du mal qui s’avère en réalité plus complexe. Tout est parti de Matthew, qui m’est apparu comme un ange, un combattant droit et dévoué à sa cause. Les démons étaient ses adversaires logiques. Mais j’avais envie de démystifier les anges et de m’amuser avec les démons.


Moi : Malgré tout, tu as su ajouter ta patte à cette mythologie pour en faire un tout très original. Notamment avec ce rôle de potentielle…
Merci ! Je crois qu’on a tous en nous une part d’ombre et de lumière et qu’on peut être amené à certains moments de notre vie à faire des choix qui nous guideront vers l’une ou vers l’autre. Les potentiels, finalement, c’est la même chose. Ils ont ce pouvoir endormi, qu’on peut déclencher grâce à du sang d’ange pour qu’ils deviennent des gardiens, ou du sang de démon pour en faire des chasseurs. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’ils seront forcément bons ou mauvais, c’est ce qu’ils décident de faire ensuite qui compte. Les actes les définissent bien plus que le sang qui coule dans leurs veines.


Moi : Est-ce que son écriture t’a demandé beaucoup de recherches documentaires ?
J’ai fait pas mal de recherches sur La Nouvelle Orléans, sur son histoire et ses personnages importants, mais aussi sur les armes à feu, les épées, la religion, la nécromancie... C’est un aspect de l’écriture que j’aime beaucoup, je suis toujours curieuse d’apprendre, de découvrir de nouvelles choses. Internet a été d’une grande aide. Le plus dur, c’est de ne pas se perdre dans des sujets qui n’ont plus rien à voir, ce qui peut arriver très vite.

Moi : Tu as su créer des personnages attachants. Quelle relation as-tu avec eux ?
Je ne les considère pas comme mes enfants, comme j’entends souvent des auteurs le dire, mais comme de vraies personnes. J’ai de l’affection pour eux. Ils sont toujours présents dans mon esprit, même quand je ne travaille pas sur le roman, ils continuent de vivre et de me surprendre. Au risque de paraître un peu folle, je ne me sens jamais seule car ils sont avec moi.

Moi : Folle ? Naaaan lol. Par ailleurs, ici, les points de vue alternent celui de Lily et celui de Matthew. Pourquoi ce choix ?
Au départ, le personnage central était Lily, j’avais vraiment l’intention de me focaliser uniquement sur elle. Matthew en a décidé autrement. Il avait des choses à vivre lui aussi qui méritaient d’être racontées. Un choix qui me semblait de plus judicieux, en vue de la fin.


Moi : Tu sais que cette fin est particulièrement horrible ? Je veux vraiment lire la suite maintenant ! 
Ahah ! désolée ^^ C’est ce que tout le monde me dit et quelque part, ça me fait plaisir, ça veut dire que j’ai réussi. Je ne voyais pas la fin de ce premier tome autrement, je l’avais déjà en tête en commençant à écrire. C’était une de mes inquiétudes vis à vis de la maison d’édition qui éditerait Mémoire d’ange, est-ce que la fin passerait ainsi. Je suis bien heureuse que oui, parce que je trouve qu’elle en dit beaucoup sur les personnages.

Moi : Au final, combien de temps t’a-t-il fallu pour donner naissance à Mémoire d’Ange ? 
Plusieurs années. C’est une histoire qui m’habite depuis longtemps. Je n’ai pas toujours travaillé sur le premier tome, j’ai fait des pauses parfois de plusieurs mois. Je l’ai beaucoup corrigé, repris, recorrigé jusqu’à être assez satisfaite, ou courageuse, pour chercher un éditeur. J’ai écrit plus vite le second tome, l’univers est déjà bien en place, je pense que ça aide, même s’il y a encore beaucoup à découvrir ! Peut-être aussi que ma manière de travailler a changé, je pense être plus disciplinée qu’avant.


Moi : Du coup, comment s’est passé la recherche d’une maison d’édition ? 
J’avais déjà essuyé des refus pour mon premier roman, j’appréhendais un peu de revivre ça. Il faut croire que les planètes étaient toutes alignées cette fois pour que tout se passe bien. Je connaissais mon éditrice (qui ne l’était pas encore à l’époque) grâce à mon blog de lecture, et lors d’échanges de mails, je lui ai parlé de Mémoire d’ange (je terminais mes dernières corrections), sans me douter qu’elle cherchait ce genre de roman pour une nouvelle maison d’édition. Elle m’a proposé de le lire pour me donner son avis, puis de le faire lire à Stéphanie Saunier qui était en train de lancer sa maison d’édition. Je crois que j’ai reçu l’appel un mois plus tard. Je n’ai pas compris de suite qu’elle voulait le publier, il m’a fallu du temps pour réaliser.


Moi : Qu’est-ce que ça fait de voir son histoire prendre vie et devenir un « vrai » livre ? Savoir qu’il ornera des bibliothèques ?
 
C’est magique. C’est l’accomplissement de mon rêve de gosse. Voir mon histoire prendre vie, se matérialiser en livre qu’on peut trouver en librairies, dans les CDI des collèges, dans les mains des lecteurs, c’est un sentiment incroyable et un peu intimidant à la fois. Ça me conforte aussi dans le fait que c’est ce que je suis et ce que je veux faire de ma vie, raconter des histoires.

Moi : Et qu’est-ce que ça fait de savoir que ton premier roman est sélectionné pour un Prix Littéraire de L’imaginaire, en l’occurrence le PLIB 2018 ? 
C’est encore plus magique et incroyable ! Que mon roman plaise au point qu’il se retrouve aux côtés de grands noms de la littérature jeunesse, c’est une grande fierté, à laquelle je ne m’attendais pas.


Moi : Combien de tomes va comporter la série ? Et quand aurons-nous la suite ? 
L’histoire est prévue en trois tomes, le 2 sort le 20 juin. Je viens de le rendre à mon éditrice, nous n’allons pas tarder à entamer les corrections, un moment tout aussi passionnant que le reste !
Je redoute de quitter l’univers de Matthew et Lily après le 3ème tome. Je pense qu’il y a encore beaucoup à découvrir. J’ai aussi d’autres projets que j’ai envie d’explorer, d’autres histoires à raconter. Mais si un jour l’une d’elles me ramène dans l’univers de Mémoire d’ange, et que mes éditrices suivent… je ne dirai pas non.


Moi : Le gâteau sur la cerise est une jeune maison d’édition mais leurs objets livres sont très originaux. Que penses-tu de l’objet Mémoire d’Ange ? 
J’ai la chance d’avoir une illustratrice que j’adore pour la couverture, Anne Cresci. Celle du tome 2 est encore plus belle ! C’est fou de voir mes personnages dessinés, surtout aussi fidèlement, à croire qu’elle a été voir ce qui se passait dans ma tête.
Quant au format, je suis conquise. Pour avoir lu ADN Vampire dans ce format, et Mémoire d’ange avant de me plonger dans l’écriture du tome 2, je peux dire que c’est un format pratique et agréable à lire. La fan de carnets que je suis ne peut que craquer pour le petit plus ! Même si je n’ai pas osé détacher les carnets, je l’avoue.

Moi : Ah moi je les ai détachés et je m'en sers ! Dernier point : tournons-nous un peu sur la suite… As-tu d’autres projets ou es-tu focalisée sur la suite de cette série ?
J’aime bien changer d’univers entre deux projets. Entre le tome 1 et 2 de Mémoire d’ange, j’ai écrit un roman young-adult réaliste « Quoi qu’il arrive » où il est question de poids du passé, de fuites impossibles et de vies croisées, le tout dans une ambiance de petite ville. J’espère le voir éditer bientôt. Je vais me concentrer sur les corrections et la sortie du tome 2 « La chasseuse » tout en travaillant sur un nouveau projet, toujours pour la jeunesse, encore trop récent pour que j’en parle.

Moi : J'espère avoir l'occasion de lire tes nouveaux écrits ! Sinon, aura-t-on une chance de te voir en dédicace courant 2018 ? 
Je serai au salon du livre jeunesse et du jeu à Lescheraines en Savoie, le samedi 24 mars de 14h à 17h. La suite est encore à confirmer.

Moi : Merci mille fois à toi d’avoir pris le temps de me répondre !
Merci pour cette interview très intéressante !

Trailer :